Nova Roma : pour une politique ambitieuse de coopérations politiques renforcées entre la France, l'Italie, l'Espagne et la Grèce – Atlantico

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Fondateur du nouveau think tank français NOVA ROMA, Jean Michel Nogueroles plaide pour un changement de paradigme géopolitique aux fins de la mise en œuvre d’une nouvelle politique ambitieuse de coopérations politiques renforcées entre les pays européens riverains de la Méditerranée. Ces coopérations politiques renforcées seraient dédiées à l’immigration, à la sécurité intérieure, à la défense, à l’énergie et au développement durable.
Jean-Michel Nogueroles est Avocat international et économiste de formation. Docteur en droit (Paris 1), Diplômé de Sciences Po (Economie et Finance), Master en économie appliquée de l’Université autonome de Barcelone et Master of Laws de l’université de Berkeley. Vice-président de l’association Harkis, Honneur, Histoire. Candidat aux élections législatives dans la cinquième circonscription des Français de l’étranger. Radicalement républicain – patriote et européen, viscéralement méditerranéen, issu d’une famille rapatriée d’Algérie, ayant la double nationalité française et espagnole.
Les tensions actuelles entre le gouvernement français et le gouvernement italien relèvent d’une erreur de paradigme majeure !
L’Europe politique actuelle manque substantiellement de cohésion et de solidarité entre ses Etats membres : les visions géopolitiques et stratégiques des uns sont, bien souvent, insuffisamment convergentes avec celles des autres.
A titre d’illustration, on peut relever, en particulier, le désintérêt chronique d’une partie des Etats européens à l’égard d’autres Etats-membres, riverains de la Méditerranée, qui sont directement confrontés à une immigration illégale massive, arrivant par vagues en provenance du continent africain.
Les noms des iles de Lampedusa, de Lesbos ou des Canaries sont hélas devenus célèbres pour leurs flux de migrants dont la gestion pose difficulté et face auxquels on a laissé les Etats concernés agir presque seuls.
Les tensions actuelles entre le gouvernement français et le gouvernement italien relèvent d’un manque de vision géopolitique pertinente !.
En oubliant (ou en feignant d’oublier) que l’Italie a dû accueillir plus de 88.000 migrants illégaux depuis le début de l’année ; Que parmi ces nouveaux arrivants, le nombre de ceux qui ont été pris en charge par d’autres Etats européens est d’un peu plus d’un millier, on n’intègre pas l’ensemble des paramètres qui permettraient de mieux comprendre une situation devenue fort complexe.
Le gouvernement français s’est contenté, il y a quelques semaines, de donner publiquement des leçons, en matière de droits de l’homme, au gouvernement italien, qui avait refusé d’accueillir sur ses côtes nationales le navire Ocean Viking.
Pour autant, le gouvernement français semble oublier que, sous la même présidence Macron, il avait lui-même refusé d’accueillir en 2018, sur ses propres côtes, le navire Aquarius, rempli de migrants, et ce, pour des raisons comparables à celles du gouvernement italien.
Le mépris et les gesticulations de la diplomatie française ont manifestement oublié d’intégrer une vision géopolitique proprement méditerranéenne, qui serait pourtant empreinte d’un réalisme certain.
Le paroxysme de cette crise a sans doute été atteint lorsque notre Ministre de l’intérieur s’est cru autorisé à qualifier l’Italie de « pays ennemi », en répondant aux questions des parlementaires lors des débats à l’Assemblée Nationale.
Du côté italien, les déclarations outrancières et agressives, qui ont fait écho à celles du gouvernement français, faites par la présidente du Conseil Giorga Meloni à l’encontre du Président Macron et de la politique française, relèvent de la même erreur grossière de paradigme géopolitique.
A l’inverse, une vision et une analyse géopolitique pragmatique devrait tout naturellement conduire la France, l’Italie, l’Espagne et la Grèce à renforcer leurs coopérations politiques spécifiques s’agissant des enjeux qui nous sont communs.
Il est vrai que la diplomatie française est hélas persuadée, depuis le rapprochement De Gaulle – Adenauer en 1963, que toute sa politique européenne doit être quasi-exclusivement tournée vers l’Allemagne désignée (unilatéralement) comme son partenaire privilégié. Et ce, comme si la France et l’Allemagne formaient encore ensemble un couple ou une alliance privilégiée par rapport aux autres nations européennes.
On a néanmoins oublié que pour former véritablement un couple, il faudrait être toujours deux à sincèrement le souhaiter…
Outre le fait qu’il n’est plus certain que le partenaire allemand (devenu plus prussien que rhénan après la réunification) considère toujours la France comme un véritable partenaire privilégié, on peut légitimement douter que cette vision du « couple franco-allemand » soit toujours stratégiquement la plus pertinente.
Comment ne pas s’interroger sur la véritable orientation géopolitique allemande actuelle, qui est de plus en plus tournée vers l’Europe centrale et de l’est ? A cet égard, l’Europe centrale et de l’est n’est-elle pas objectivement l’espace naturel dans lequel la nation allemande a toujours eu vocation à développer ses propres intérêts ?
Comment ne pas s’interroger aussi sur l’absence de volonté du partenaire allemand de s’engager plus avant dans une véritable coopération politique, notamment en matière d’énergie, d’immigration, de défense et de sécurité ?
A titre d’illustration, on peut rappeler que l’Allemagne, à l’instar d’autres pays d’Europe centrale et pour faire face à la menace russe, a décidé en 2022 de doubler son budget de la défense.
Dans ce cadre, on peut se féliciter de la récente annonce de la relance du projet d’avion de combat européen, qui a été annoncée au cours la semaine dernière.
Pour autant, l’Allemagne a fait le choix exprès d’investir massivement dans l’acquisition d’armements américains plutôt que de se lancer – notamment avec la France et avec d’autres pays européens – dans une coopération industrielle européenne à caractère substantiel (ce qui aurait été possible au-delà d’un avion de combat).
Comment ne pas rappeler également le choix stratégique peu cartésien (même si ce choix a été fait avant la guerre en Ukraine) d’un certain nombre de pays d’Europe centrale – dont au premier chef l’Allemagne – visant à sortir du nucléaire civil, tout en faisant le choix d’une dépendance énergétique prééminente à l’égard de la Russie (outre la réouverture de nombreuses centrales à charbon !).
Comment ne pas relever que l’Allemagne s’oppose toujours, au niveau européen, à la mise en place d'un plafonnement du prix du gaz utilisé pour produire de l'électricité ?
Il est à noter qu’un dispositif de ce type est déjà appliqué en Espagne et au Portugal, où il a permis de contenir les prix. Et que quinze Etats européens, dont la France, la Grèce et l’Italie, demandent l'extension de ce mécanisme, dit "ibérique", à l'échelle de l'Union Européenne.
Au vu de ce constat, il paraît nécessaire que nous retrouvions un niveau de convergence politique suffisant avec les partenaires qui nous sont véritablement les plus proches, afin de pouvoir mettre en œuvre, dans le cadre d’un noyau dur de nations associées au sein de l’Union européenne, une politique ambitieuse de coopérations étroites renforcées.
Cela ne nous obligerait pas à sortir de l’Union Européenne. Bien au contraire, nous pourrions décider de nous engager plus avant dans des coopérations dédiées, qui associeraient les nations euro-méditerranéennes, qui sont historiquement et culturellement les plus proches.
Les pays euro-méditerranéens ne sont-ils pas les plus anciennes nations post-romaines ?
Ne partageons-nous pas le même héritage culturel, humaniste et juridique, issu du monde antique gréco-romain, dont nous sommes plus directement empreints ?
Les Italiens ne sont-ils pas en quelques sortes des « Français de bonne humeur » comme les qualifiait de manière pertinente Jean Cocteau ?
Une nouvelle politique ambitieuse de coopérations renforcées entre Etats géopolitiquement et culturellement plus compatibles, nous permettrait aussi collectivement d’acquérir une taille critique suffisante, aux fins de la mise en œuvre des politiques internationales pertinentes dont nous avons besoin.
C’est en ce sens que je plaide pour la mise en œuvre d’une politique ambitieuse de coopérations politiques renforcées, entre nations euro-méditerranéennes, qui seraient dédiées au développement durable (y compris intercontinental), à la gestion de l’immigration illégale, à la sécurité intérieure et à la défense.
Une fois de plus, à titre d’illustration, on pourrait souligner le caractère réaliste et surtout pertinent de cette vision stratégique et géopolitique euro-méditerranéenne, à chaque fois qu’elle a pu être mise en œuvre.
On se souvient tous des manœuvres menaçantes de la flotte turque (pourtant membre de l’OTAN – tout en étant le principal soutien, avec le Qatar, de la confrérie des Frères Musulmans, dont l’objet est de promouvoir l’islamisme radical en Europe comme dans le reste du monde) autour des iles grecques au cours de l’été 2020.
Ce risque a pu être véritablement écarté grâce à l’appui conjoint des flottes française, italienne et espagnole venant croiser avec insistance aux côtés de la marine grecque et qui ont produit un effet de dissuasion.
En matière de coopération industrielle relative à la défense, on pourrait également souligner le succèsincontestabledu système franco-italien SAMP/T de défense aérienne, connu sous le nom de « Mamba ». Le Mamba a en effet permis aux ukrainiens de remporter de nombreux succès militaires face aux russes. A noter à cet égard qu’en 2015, l’Agence américaine pour la défense antimissile avait même décerné le « Technology Pioneer Award » aux équipes franco-italiennes à l’origine de la conception de ce système de défense aérienne.
Il est devenu évident que les enjeux et les défis géopolitiques auxquels doivent spécifiquement faire face les pays euro-méditerranéens ne sont pas exactement les mêmes que ceux auxquels doivent spécifiquement faire face les nations d’Europe du nord et d’Europe centrale.
Avec l’élargissement de l’Union Européenne à l’est, nous avons un peu oublié les réalités de la géographie ainsi que le poids de l’histoire et des différences culturelles (même entre européens).
Il devient plus que jamais nécessaire de reconsidérer tous ces éléments, pourtant bien tangibles, dans notre approche d’une vision stratégique et géopolitique de la défense de notre civilisation et de nos intérêts dans le monde.
Une politique euro-méditerranéenne de coopération renforcée en matière de « Défense » aurait également vocation à piloter la mise en œuvre stratégique de co-développements technologiques et de productions industrielles communes.
Cela permettrait pour ce faire de faciliter leur financement par la commande publique et de stimuler la recherche et le développement en matière d’innovations utilisables aux fins de la cyber sécurité et de la défense. Cette politique proactive générerait de la croissance et de l’emploi dans nos économies, par le développement accéléré d’entreprises innovantes à l’instar du modèle israélien (dit de « start up nation ») ou encore du modèle américain (même si ce fait pourtant avéré est moins connu).
Une politique euro-méditerranéenne de coopération renforcée en matière d’immigration permettrait aussi aux Etats européens riverains de la Méditerranée de mieux gérer ensemble (peut-être à travers la création d’un corps euro-méditerranéen de gardes-frontières ?) les flux migratoires illégaux, en vue de mieux les réguler et surtout d’organiser une riposte efficace commune contre l’action des puissantes organisations maffieuses, qui participent de ce trafic lucratif d’êtres humains.
Les nations euro-méditerranéennes, pourraient enfin porter plus facilement ensemble, au sein de l’Union Européenne, l’idée d’un projet d‘investissements massifs dans la construction des infrastructures manquantes visant à faciliter l’indispensable développement durable du continent africain.
En effet, l’Afrique compte environ 1,3 milliard d’habitants. Selon les prévisions de l’ONU, l’évolution démographique africaine sera de plus de 90% : le continent devrait compter environ 2,5 milliards d’habitants à l’horizon 2050 et l’ONU prévoit également qu’il comptera plus de 4 milliards d’habitants en 2100.
La croissance et l'emploi que générerait en Europe comme en Afrique le bénéfice d’un tel nouveau plan Marshall, devraient en en tout état de cause également profiter aux entreprises et aux citoyens de l’Union Européenne.
Mais pour arriver jusqu’à la mise en œuvre de toutes ces coopérations politiques ambitieuses, il semble aujourd’hui nécessaire de réviser les paradigmes qui président à l’élaboration de notre vision géopolitique et stratégique en y réintégrant, de manière assumée, une sensibilité proprement euro-méditerranéenne.
Pour ce faire, il conviendra aussi de considérer que les autres nations peuplant les Etats européens riverains de la Méditerranée, doivent devenir de véritables partenaires privilégiés.
A cet égard, il est nécessaire de s’inscrire dans la durée qui est celle de l’Histoire des nations.
Les différences de couleur politique (par définition temporaires) entre les divers gouvernements des pays euro-méditerranéens, sont par nature des éléments subsidiaires qui devront s’effacer en vue de la défense de nos intérêts communs, à travers la mise en œuvre de coopérations politiques renforcées dédiées.
C’est pourquoi, les tensions actuelles entre les gouvernements français et italiens relèvent d’une erreur de paradigme majeure. Il convient d’y mettre un terme au plus vite.
Il devient désormais essentiel de comprendre et d’assumer que c’est ensemble que nous serons plus forts, et que nous pourrons agir avec efficacité de manière concertée en vue de mieux préparer l’avenir et de faire face ensemble aux grands défis du XXIème siècle.
Jean Michel Nogueroles est avocat international et économiste de formation. Patriote, viscéralement méditerranéen, ayant la double nationalité française et espagnole, il est aussi notamment co-auteur du livre collectif « Repenser la France d’après » (éditions Bold 2021).
Jean-Michel Nogueroles est Avocat international et économiste de formation. Docteur en droit (Paris 1), Diplômé de Sciences Po (Economie et Finance), Master en économie appliquée de l’Université autonome de Barcelone et Master of Laws de l’université de Berkeley. Vice-président de l’association Harkis, Honneur, Histoire. Candidat aux élections législatives dans la cinquième circonscription des Français de l’étranger. Radicalement républicain – patriote et européen, viscéralement méditerranéen, issu d’une famille rapatriée d’Algérie, ayant la double nationalité française et espagnole.
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