« Nous sommes prêts à sortir » : les Rodriguez-Flores à la croisée des chemins – Radio-Canada.ca

Meilleur Avocat
Vous cherchez un avocat

Nous utilisons les témoins de navigation (cookies) afin d'opérer et d’améliorer nos services ainsi qu'à des fins publicitaires. Le respect de votre vie privée est important pour nous. Si vous n'êtes pas à l'aise avec l'utilisation de ces informations, veuillez revoir vos paramètres avant de poursuivre votre visite.Gérer vos témoins de navigationEn savoir plus
Vous naviguez sur le site de Radio-Canada
Réfugiée dans une église depuis un an, la famille Rodriguez-Flores pourrait bientôt tenter le tout pour le tout et sortir, en espérant que le gouvernement fédéral fasse preuve de clémence.
Pour éviter l’expulsion vers leur pays d’origine, Georgina Flores, Manuel Rodriguez et leur fils de 19 ans sont réfugiés dans une église de Sherbrooke depuis un an.
Photo : Radio-Canada
Dans l’ancienne chapelle de l’église Plymouth-Trinity de Sherbrooke, deux lits font face aux vitraux. C’est là où la famille Rodriguez-Flores a installé ses pénates, dans le sous-sol. Impossible de mettre le pied dehors, même pour prendre l’air. Jamais elle n’aurait cru passer une année complète dans un tel environnement.
Nous sommes dans une prison, privés de notre liberté*, confie la mère de famille Georgina Flores. Si on sort, on risque d’être arrêtés*, renchérit son mari, Manuel Rodriguez.
« C’est ça qui me manque le plus, sortir à l’extérieur »
Georgina, Manuel et leur fils Manolo vivent à Sherbrooke depuis 2018. À leur arrivée au pays, il leur est impossible d’obtenir un statut de réfugié, mais ils obtiennent un permis de travail.
L’an dernier, tout s’écroule. Ils reçoivent un avis d’expulsion après l’expiration de leur permis de travail. Pas question de retourner au Mexique, où ils disent craindre pour leur vie.
J’avais une cafétéria en face de l’université, explique Georgina Flores. Les cartels voulaient que je vende de la drogue dans mon commerce, j’ai résisté, et ils l’ont brûlée en pensant que j’étais dedans. […] Nous pensons que si nous retournons, notre vie court un danger, ils vont nous tuer.
On ne devrait pas retourner des gens à de telles scènes d’horreur, ajoute leur avocat Stewart Istvanffy. C’est ça la raison pour laquelle on se bat pour cette famille.
La famille s’est prévalue du droit au sanctuaire pour rester dans l’église. Un principe qui n’a aucune assise légale, mais qui dans les faits est respecté par les autorités.
Photo : Radio-Canada
Pour l’avocat de la famille, le moment est venu de prendre des risques. Stewart Istvanffy souhaite à tout prix éviter que les Rodriguez-Flores passent un deuxième temps des fêtes enfermés.
Mon intention, c’est de les convaincre de sortir de l’église, révèle-t-il, de les présenter devant les autorités d’ici la fin de l’année. Moi, j'aimerais ça qu’ils puissent passer un Noël en famille.
Le moment est venu, souligne Georgina. Pour notre santé mentale, la décision est prise.
« Nous sommes prêts à sortir de l’église et à courir ce risque. »
S’ils sortent de l’église, les Rodriguez-Flores devront se présenter à l’Agence des services frontaliers. La question, c’est de savoir s’ils vont les laisser ici au pays pendant qu’on étudie leur demande, ou s’ils vont vouloir les déporter rapidement, explique leur avocat. Moi, je crois que leur demande est assez forte et bien fondée pour qu’ils méritent la chance que quelqu’un la regarde avant de se faire déporter.
Comme le dossier a été médiatisé dans la dernière année, la famille espère que son histoire se rendra jusqu’au ministre fédéral de l’Immigration, Sean Fraser, et qu’il acceptera de lui accorder la résidence permanente pour des motifs humanitaires.
La seule chose de mal qu’on a faite, c’est d'entrer ici, à l’église, mais c’était pour nous protéger, souligne Georgina Flores, âgée de 52 ans.
Il faut le rappeler, ils n’ont commis aucun crime violent, ils n’ont pas tué, ils n’ont pas volé, tout au contraire. Ils sont dans ce problème-là parce qu’ils ont résisté à un cartel, rappelle le pasteur de l’église, Samuel Vauvert-Dansokho.
À Ottawa, la députée libérale de Sherbrooke assure faire tout ce qu’elle peut pour aider la famille.
À chaque occasion que j’ai, soit en rencontrant l’équipe du ministre ou le ministre lui-même, je lui parle du dossier pour m'assurer qu'il reste toujours au top de ses priorités, affirme Élisabeth Brière. Nous avons des communications régulières. Si ce n’est pas toutes les semaines, c’est aux deux semaines, pour que nos pressions portent fruit et que ce dossier-là demeure très actif au ministère.
Depuis un an, tout un réseau de soutien s’est créé autour des Rodriguez-Flores. Des psychologues et des professeurs de langue les visitent régulièrement. Huit rassemblements ont été organisés dans l’enceinte de l’église pour réclamer la clémence du gouvernement.
Anne St-Pierre épaule la famille depuis le premier jour. «Il s’est créé une amitié, une solidarité entre nous, confie-t-elle. Je voyais que c’était de bonnes personnes, je le sentais profondément. »
Photo : Radio-Canada / Marie-Hélène Rousseau
J’étais outré d’apprendre que dans ma ville, à deux rues de chez moi, il y a des citoyens de seconde zone. […] Ils travaillent, ils paient des impôts, ils apprennent le français, s’exclame l’un des instigateurs des rassemblements, Guy Ouellet. On est une ville universitaire qui est habituée d’accueillir du monde, donc on sait comment recevoir. Là, je trouvais qu’on recevait mal.
Le pasteur protestant Samuel Vauvert-Dansokho n’a pas hésité une seconde à accueillir ces fervents catholiques.
J’ai bourlingué dans ma vie, dévoile-t-il. J’ai passé une vingtaine d’années aux États-Unis et vers la fin de mon séjour, même si on a fait tout ce qui était normal, on s’est retrouvé sans statut. C'était vraiment très difficile. Pendant tout un an, on est restés sans ressources, on ne savait pas de quoi demain serait fait, sauf qu’on allait quitter les États-Unis et que Dieu existait certainement ailleurs aussi.
« Je ne pouvais pas ne pas faire quelque chose. On est des protestants, je ne suis pas le pape, mais on m’écoute. »
Pour passer le temps, Georgina et Manuel suivent des cours de langues et fabriquent des piñatas. Si le jour, ils sont occupés, le soir, c’est une autre histoire.
Je pleure beaucoup et c’est quelque chose de très difficile pour mon fils, indique Georgina. Il me dit tous les jours : "maman, quand pourrons-nous sortir?" La seule chose que je peux dire, c’est : "prions".
« Je me sens désespérée, mon désespoir se manifeste le soir quand je vais dormir. Durant le jour, j’essaie de rester positive. »
«Je fais la même chose tous les jours. Ce qui me manque le plus, c’est de voir mes amis », confie Manolo Rodriguez-Flores, 19 ans.
Photo : Radio-Canada
La mobilisation citoyenne se poursuivra jusqu'à ce que la famille retrouve sa liberté. La prochaine action? Un spectacle-bénéfice organisé le 13 novembre prochain.
Malgré les moments plus sombres, Anne St-Pierre est consciente qu’elle vit une expérience marquante. L’infirmière de formation épaule le trio depuis le tout premier jour. C’est au-delà des mots, ça se vit, mentionne-t-elle. Dans la façon dont je ressens les choses, c’est comme si on est au bout du parcours.
La famille rêve d’entamer un nouveau chapitre. Georgina s’imagine ouvrir un restaurant mexicain à Sherbrooke. D’ici là, elle n'a cependant qu'un seul souhait : la liberté. Ce serait le meilleur cadeau de Noël de notre vie.
*Tous les propos de Georgina Flores et de Manuel Rodriguez ont été traduits de l'espagnol par Radio-Canada.
Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !
ImportantAfin de favoriser des discussions riches, respectueuses et constructives, chaque commentaire soumis sur les tribunes de Radio-Canada.ca sera dorénavant signé des nom(s) et prénom(s) de son auteur (à l’exception de la zone Jeunesse). Le nom d’utilisateur (pseudonyme) ne sera plus affiché.
En nous soumettant vos commentaires, vous reconnaissez que Radio-Canada a le droit de les reproduire et de les diffuser, en tout ou en partie et de quelque manière que ce soit.
Vous avez repéré une coquille?
Vous êtes témoin d’un événement?
Vous avez des questions sur notre travail?
Les mesures d'atténuation sont jugées suffisantes pour garantir un approvisionnement en eau des citoyens.
La Ville de Magog a fait connaître, lundi, le projet le plus ambitieux et le plus coûteux de son histoire.
Estrie Aide craint ne pas pouvoir offrir de manteaux, bottes et autres vêtements d'hiver au retour des Fêtes, c'est en tout cas ce qu'annonce …
L'ancienne candidate Vicki-May Hamm et l'ancien président du PLQ, Robert Benoit, ont salué Dominique Anglade.
Les abonnés recevront des alertes courriel, et ce, sans devoir s'inscrire sur une nouvelle plateforme.
La Ville de Sherbrooke dit vouloir protéger le secteur boisé où se trouve l'ancien terrain des Hells Angels.
Depuis le mois de juin dernier, plus de 2000 demandeurs d'asile ont été transférés du Québec vers l'Ontario.
Dans le nord-ouest du Nouveau-Brunswick, l’augmentation de la population vient avec son lot de défis.
Le Conseil de développement économique des municipalités bilingues du Manitoba (CDEM) présente une session d'information sur les étapes …
Tout au long de la semaine, le Réseau en immigration francophone de la Saskatchewan (RIF-SK) célébrera la 10 e édition de la Semaine nationale …
Une délégation francophone des T.N.-O. se rendra au Maroc et en France pour faire la promotion du Grand Nord.
Vanté pour sa générosité, le Maine est débordé alors qu'affluent les migrants. Le rêve américain s’étiole.

source

Tout d’abord la page est mise en ligne à des fins d’information du public et en vue d’informer les clients. Par ailleurs elle est régulièrement mise à jour, dans la mesure du possible.
Néanmoins en raison de l’évolution permanente de la législation en vigueur, nous ne pouvons toutefois pas garantir son application actuelle. Nous vous invitons toutefois à nous interroger pour toute question ou problème concernant le thème évoqué au 07 81 19 33 22. Cependant en aucun cas meilleur avocat ne pourra être tenu responsable de l’inexactitude et de l’obsolescence des articles du site.  xtremwebsite cout site internet création site internet  site internet pour avocat  création site vitrine {service} à {ville(Ville)}< /span> meilleur avocat  – avocat de confiance