L'ex-maire du Gard jugé pour viol : Luc Boisson est condamné à douze ans de réclusion criminelle – Midi Libre

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DIRECT. Luc Boisson, 74 ans, qui a été maire de Saint-Maximin pendant vingt ans est jugé depuis mercredi 23 novembre 2022 devant la cour d'assises du Gard pour avoir violé une employée municipale en 2014. L'ancien élu, qui comparaît libre, nie catégoriquement les faits. Il encourt 20 ans de réclusion criminelle. Suivez la dernière journée du procès en direct.
La troisième et dernière journée du procès de Luc Boisson, 74 ans, l'ancien maire du petit village de Saint-Maximin s'est ouvert à la cour d'assises du Gard, au lendemain de la déposition très émouvante de Marlène, l'employée qui accuse le septuagénaire de l'avoir violée en 2013. Le verdict est attendu dans la journée. 
Après 2h de délibérés, la cour et les jurés du Gard reviennent avec le verdict. Luc Moisson est reconnu coupable de viol. Il est condamné à 12 ans de réclusion criminelle, et à 10 ans d'interdiction des droits civiques, civiles et de famille.
Me Jean-Faustin Kamden prend à son tour la parole.
"Le procès pénal est une épreuve. Pour M. Luc Boisson aujourd’hui ce n’est pas une épreuve, c’est un cauchemar, qui a commencé au mois de juin 2014 quand trois personnes viennent le voir dans son bureau pour lui dire que Marlène l’accuse d’exhibition sexuelle."
"Quand il est placé en garde à vue, le sol se dérobe sous ses pieds, on le soupçonne de viol par personne ayant abusé de son autorité."
"Dans cette affaire, Marlène a toujours dit que pour elle ce n’était pas un viol, parce qu’elle n’avait donné aucun signal."
"Dans cette même affaire, elle dit qu’elle n’a des rapports sexuels avec son mari que sous la contrainte. Ce sont des éléments caractéristiques de viols entre époux, mais là, il n’y a pas de poursuites. Dont acte. "
"Aujourd'hui on lui dit qu’à cause du cadre, c’est forcément contraint. On ne peut pas avoir des rapports sexuels dans des chiottes."
"On n’est pas obligés d’ajouter à la gêne l’humiliation. Dans ce dossier il y a des films pornographiques. Quel est l’impact de la diffusion sur un écran de scènes de partouze, de sodomie, de fellations à gorge profonde ? On a quelqu’un qui est déjà au sol et qu’il faut fouler aux pieds?"
"On nous dit c’est gênant vous trompez vos administrés. Il a été réélu trois fois. Vous pensez qu’il aurait trompé ses administrés pendant trois mandats ? Non, c’est une évidence."
"On peut avoir un débat serein sans forcément écraser l’autre."
"Il n’y a aucun lien de cause à effet entre la consultation de sites pornographiques et les faits qui lui sont reprochés."
L'avocat admet l'accusation d'agression sexuelle. "Sur le harcèlement vous apprécierez".
"Sur le viol la question centrale est la suivante. Est-ce qu’elle a pu valablement lui signifier un refus ?"
"On vous dit j’ai cédé parce que j’avais une peur énorme de perdre mon boulot."
"À certains moments elle a la lucidité de lui dire non et à d’autres comme en janvier ça s’effondre et elle dit si je ne cède pas je perds mon boulot."
"Vous avez une femme qu’on vous présente comme étant dénuée de caractère, mais elle est capable de dire non à son employeur."
"Sur les faits on ne peut pas déduire son absence de consentement des refus précédents."
"C’est quand même violent ce qu’elle a dénoncé (en parlant de son mari NDLR) c’est d’une violence inouïe et c’est passé en dessous des radars. Et je passe outre les bleus, les coups. Et aujourd’hui on vient donner l’addition à M. Boisson.  Mais ce n’est pas sa note. Les douze années qu’on vous requiert ne correspondent pas à ce qu’il a fait. N'accablez pas M. Boisson."

Me Patricia Perrien, première avocate de la défense à plaider.
Me Patricia Perrien, première avocate de la défense à plaider. Midi Libre – François Barrère

Me Patricia Perrien est la première avocate de la défense à plaider pour Luc Boisson.
"Un cri dans la nuit, c’est ce que nous vivons depuis deux jours, celui qui hurle sa vérité et que personne n'entend. Parce qu’il fait nuit, que les volets sont fermés, que les gens dorment et que sa voix se perd dans le néant."
"Je ne veux pas que sa voix soit perdue. Ce n’est pas le sale type qu’on vous a décrit. Un type qui s’octroie un droit de cuissage, un droit de troussage. Je vous rappelle que c’étaient des relations consenties."
"On nous a dit qu’il ne se tourne que vers des veuves ou des divorcées. On nous dit qu’il ne chassait que ces femmes. Chasser, c’est pour instiller des choses dans votre esprit. Mais enfin où est-ce qu’on se rencontre ? C’est pas plus choquant qu’il rencontre dans le conseil municipal que pour vous de rencontrer votre futur conjoint dans votre cadre professionnel. Ce n’est pas choquant, il ne chasse pas."
"La seule qui n’a pas avoué, c’est Marlène. Pourquoi elle n’a pas avoué qu’elle a eu des relations consenties ? Tout d’un coup à 70 ans, il va devenir un violeur ? Les bras m’en tombent. C’est un comportement d’un homme jeune."
"Pourquoi elle n’avoue pas ? Parce que c’est la seule qui ne peut pas avouer. Lorsque les deux autres femmes avouent, elles ne risquent rien. Si jamais Marlène avoue, c’est sa vie qu’elle risque. Elle est prise au piège. Son mari est venu ici dire que s’il l’avait appris, il serait à la place de l’accusé. C’est énorme, il vient devant une cour d’assises proférer des menaces de mort."
"Où est la normalité dans cette famille, où sont les limites ? Et on vient nous dire aujourd’hui que c’est Monsieur Boisson qui a brisé la vie de cette femme ? C’est une blague !"
"La question que l’on a posée à l’expert c’est est-ce qu’on peut se mentir à soi-même. Je crois que oui, parce que c’est un processus de survie."
"L’expert n’a jamais dit que la souffrance de Marlène était due à M. Boisson. Il faut quand même l’entendre. Il dit que cette souffrance préexistait. Sa vie était déjà brisée, c’était déjà fini pour elle. C’est pas M. Boisson qui a brisé sa vie, c’est son mari qui l’a brisée."
"Je ne voudrais pas que M. Boisson paye pour les autres."
"Oui, il regarde des films pornographiques, depuis l’ordinateur de la maire. Et alors, est-ce que cela en fait un violeur pour autant ?"
"Alors allons-y parlons de sexe et de films pornos. 97 % des hommes consultent des sites pornographiques. 97 % des hommes sont des violeurs ? 20 % au travail, et 2 % se sont fait attraper."
"À 75 ans on n’a plus la même vigueur sexuelle et donc soit on regarde des films pornographiques soit on se fait prescrire du Viagra."
"Voilà pourquoi il consulte des films pornographiques, parce qu’il en a besoin."
"Hier on a eu un match entre les films pornos et les blagues cochonnes. C’est quand même pas pareil, les films pornos c’est une activité solitaire. Quand on raconte ce genre de blague, on crée une interaction."
"Je m’interroge sur les capacités de cette femme qui est victime d’agressions sexuelles de son mari depuis 29 ans à encore rire sur le sexe. Quand elle fait ce genre de blague on est en pleine ambiguïté. Elle se fait violer le matin, et l’après-midi, une bonne petite blague cochonne ? Personne ne peut croire à ça."
"On a trois personnes qui sont copines et qui nourrissent la même haine envers M. Boisson. Vous ne pouvez pas balayer un dossier entier parce que trois personnes disent de lui qu’il est un satyre."
"Ça me fait rire si ce n’était pas triste à pleurer. Dans les années 60 70 les femmes se sont battues pour leurs droits, et elles ont eu raison. Les femmes ont eu la supériorité, et vous vivez messieurs dans un monde très insécurisant pour vous. Je vous plains, je sais que mes pouvoirs ne vont faire que grandir. L’égalité ne signifie pas que vous preniez sa parole pour argent content, parce que sa parole est discutable."
L'avocate demande l'acquittement de Luc Boisson.

L'avocat général Bertrand Baboulène porte l'accusation.
L'avocat général Bertrand Baboulène porte l'accusation. Midi Libre – François Barrère

L'avocat général Bertrand Baboulène entame son réquisitoire.
"Ma première réflexion est de me dire : qu'il est difficile, le parcours des personnes victimes d’infractions sexuelles ! Chaque fois qu’un employé dénonce des faits en lien avec son travail sa parole est suspecte, parce qu’elle dérange. Elle dérange une façon de penser, un ordre social. On dit : "Pourquoii elle ment, on ne peut pas la croire, elle est folle."
"L'autre réflexion, c'est que les apparences sont trompeuses. Qui aurait pu croire qu’un présentateur de journal télévisé aurait violé ses collaboratrices ? Que tel écrivain organisait des partouzes avec des mineurs ?"
"Quelques fois, le pire des tueurs en série est aussi le meilleur des voisins".
"Le comportement sexuel n’a rien à voir ni avec les apparences ou la notoriété. Il est mis en mouvement par des facteurs qui n’ont rien à voir avec les apparences. C’est la vérité humaine."
"À Saint-Maximin comme chez Harvey Weintsein la parole des personnes abusées sexuellement a vraiment du mal à émerger."
"Ce n’est pas étonnant, on est comme dans le fonctionnement d'une famille incestueuse où on préfère étouffer les faits, ne pas voir."
"Elle a déposé plainte deux ans après, et on lui fait ce procès. Mais dans la plupart des dossiers que nous traitons, les victimes déposent plainte 10 ans, 20 ans après. Parfois même quand les faits sont prescrits. Mais elle a tenté de le faire savoir. Et combien de personnes étaient au courant des faits qu’elle révèle ? Sept personnes, dont quatre conseillers municipaux."
"Trois décrivent une femme bouleversée. Trois sont venues en parler au maire. Elles sont allées voir celui qui était suspecté pour lui dire. Si elles avaient voulu étouffer l’affaire elles n’auraient pas fait mieux. Le principe de loyauté vis-à-vis du maire confine là à la non-assistance à personne en danger."
"Je voudrais revenir sur l’attitude de Luc Boisson dans toutes ses dépositions. Il sait depuis 2014 qu’il est mis en cause. Il va falloir plus d’une demi-journée devant les gendarmes pour qu’il avoue le rapprochement. Il va falloir ensuite 22 questions pour qu’il avoue une ou deux relations sexuelles. Alors la spontanéité de son attitude… ça pose question."
"N’attendez pas de moi que je vous dise que c’est un prédateur sexuel qui va puiser dans la liste du personnel de la mairie."
"La question est pourquoi un homme qui a une vie sociale bien réglée est capable de basculer. Avant Marlène, il y a l’épisode avec deux autres conseillères. Mais on n’est pas sur le même plan, parce qu’avec elles, il n’y a pas eu un refus dès le départ. Il y a eu une ambivalence, et ces deux personnes étaient conseillères municipales et n’étaient pas dans un lien de subordination comme l’était Marlène."
"Pourquoi a-t-il basculé. Tout ce qui est sexuel est mû par des ressorts psychologiques.  C’est une femme fragile, avec des difficultés conjugales très sérieuses. Elle était isolée, elle n’avait aucun soutien de personne."
"Lui à l’époque des faits est à l’apogée de sa réussite professionnelle et politique. C’était le patron, le chef, celui à qui tout est dû. C’était quelqu’un qui était adulé par tout le monde. Il était dans une forme de toute puissance."
"Sa vie sexuelle de couple s’étiolait. J’en veux pour preuve sa consultation frénétique de sites pornographiques. Il les consulte en dehors de toute déontologie, en utilisant l’ordinateur de la mairie aux heures de bureau. Cela signifie qu’il est frustré et qu’il est obsédé."
"Il a franchi la ligne rouge avec Marlène, il sait qu’elle n’est pas d’accord et il va quand même lui imposer ce harcèlement."
"Ils n’ont pas le même statut. Elle est sa subordonnée. Elle s’est tournée vers lui pour avoir du soutien. Pour elle, c’est la catastrophe."
"Il le sait très bien qu’il a franchi la ligne rouge. Devant le juge il le dit : je ne l’ai pas fait en tant que maire. Mais de qui se moque-t-on ? Il le fait sur les lieux du travail, dans les horaires de travail, et sur une employée. Bien sûr qu’il le fait en tant que maire !"
"Les victimes sous l’emprise d’un violeur elles sont sidérées, il y a de la surprise et de la contrainte, c’est lui qui la déshabille. On est de plus dans une situation de soumission hiérarchique."
"Vous le déclarerez coupable des trois chefs d’infraction qui lui sont reprochés. La lutte contre les violences faites aux femmes a beaucoup progressé. Aujourd’hui on est sur une journée qui leur est dédiée, coïncidence. Les violences sexuelles dans le travail sont un phénomène réel. L’organisation internationale du travail a fait une étude en 2019 sur 4,5 millions de salariés 52 % des personnes en situation de travail ont subi des situations de harcèlement et seuls 4 % des femmes qui l’ont subi l’ont révélé, et  1% des hommes."
"On est dans quelque chose de tabou. Ce phénomène est aussi présent dans les collectivités territoriales, et totalement sous estimé, et pourtant il y a des mécanismes pour être protégés."
"On est là sur un problème qui nous concerne tous, les hommes et les femmes, qui porte sur les relations au travail. Ce type de management qui est proche du droit de cuissage est révolu."
"Quelle peine ?"
"Il n’a pas eu de précédente infraction, mais en même temps c’est un élu, et il doit être encore plus irréprochable comme un magistrat ou un policier. Il sait très bien qu’il a franchi la limite. C’est un violeur qui s’est servi de ses foncions pour arriver à ses fins."
L'avocat général requiert une peine de 12 ans, assortie de 10 ans de privations de droits civiques et civils de manière qu’il ne revienne pas dans le monde électoral.
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de la manière dont on présente cette affaire, l'acquittement est une évidence
L'enquéquête n'a pas du être triste !
Donc il s'appelle Boisson …il va boire jusqu'à la lie..pour qui sonne le glas ?

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