L'affaire de Bruay-en-Artois – Paris Match

Meilleur Avocat
Vous cherchez un avocat

Le 6 avril 1972, Brigitte Dewèvre, 15 ans, est retrouvée morte sur un terrain vague, à Bruay-en-Artois (Pas-de-Calais). L’affaire émeut, elle oppose d’un côté, les parents de Brigitte dont le père, mineur, est une figure de la France laborieuse et populaire. De l’autre, un notaire, principal suspect, considéré comme un représentant de la bourgeoisie par l’extrême gauche qui voit là « un crime de classe ». Un meurtre jamais élucidé sur lequel revient notre grand reporter Caroline Pigozzi dans un ouvrage coécrit avec le célèbre avocat pénaliste Jean-Yves Le Borgne. Des siècles d’affaires judiciaires défilent dans « Accusés levez-vous », quatrième livre de la collection.
C’est le Nord. Dans le pays des corons. Le ciel est bas et la nuit tombe quand on retrouve le corps d’une jeune fille assassinée dans un terrain vague, à deux pas de chez ses parents. Son nom : Brigitte Dewèvre. Bientôt, toute la France va le connaître. Et tous les regards se concentrer sur Bruay-en-Artois. Car il y a un suspect qui suscite les passions : Me Leroy, un notaire très prospère. Ce soir-là, à l’heure du meurtre, juste avant le dîner, il est resté garé un bon moment tout près du lieu du crime. Pourquoi ? Parce qu’il était un peu tôt pour arriver chez sa maîtresse, à deux pas de là. Il a écouté la radio dans sa voiture. C’est banal, ça arrive tous les jours, mais 1968 est encore dans tous les coeurs : l’extrême gauche entre en éruption. Ce bourgeois, ce nanti, est forcément coupable.

Publicité

Les journalistes maoïstes, trotskistes et compagnie filent lui régler son compte. Ça tombe bien : le juge Pascal, chargé de l’affaire, les accueille à bras ouverts. Trop content de faire la une, il emprisonne le notaire. Puis sa maîtresse, Monique Béghin-Mayeur, dont le parc est mitoyen du jardin où est morte Brigitte. Le résultat est là : le magistrat devient le « petit juge Pascal », un héros digne de Cartouche, celui que rien ni personne n’intimide. Son dossier, malheureusement, est aussi mince que lui est rond. En un mot, presque vide. Du coup, les autorités le dessaisissent. Puis libèrent le notaire. Et enfin sa maîtresse. « Scandaleuse justice de classe », insinuent les guérilleros parisiens. Sauf que, rebondissement : un copain de Brigitte avoue le meurtre. Pas très clair non plus, celui-là. Trois ans plus tard, il sera relaxé. Entre-temps, l’actualité sera passée à autre chose. Restera seulement dans les mémoires une extraordinaire tragi-comédie à la française : l’histoire de gratte-papier se prenant pour Lénine déguisé en Voltaire.

La suite après cette publicité

Une affaire dont Caroline Pigozzi et Me Jean-Yves Le Borgne font leur miel dans « Accusés levez-vous ». Passionnant, souvent bouleversant, cet album est un miroir sans pitié promené le long de la justice, de ses lenteurs, de ses erreurs parfois révoltantes et même de sa grandeur. On assiste médusés au naufrage d’Outreau, on se pose des questions sur Christian Ranucci, on accompagne Pétain face à la Haute Cour, on remonte aux procès de Moscou, on retrouve la Vologne et le petit Grégory, on passe au Vatican chez d’étranges gardes suisses…

La suite après cette publicité

Ce livre est un voyage dans le temps, à des époques où photographes et dessinateurs pénétraient dans les prétoires. On est dans les box, on pleure avec les familles, on tonne avec les ténors de la défense, on s’abandonne aux passions des coupables qu’on aimerait acquitter. Et, surtout, on se réjouit que tant de fois des journalistes aient su contourner le secret de l’instruction. Avec l’aide des juges, des avocats ou des policiers. Le plus souvent, au service de la vérité. Mais pas toujours comme le prouve le drame de Bruay-en-Artois où la justice et la presse se sont beaucoup pliées devant l’idéologie.
Désespérés, les parents de Brigitte n’auront jamais su jusqu’à leur mort qui avait tué leur fille de 15 ans. Signe ultime de cette catastrophe judiciaire : la commune a changé de nom. Désormais elle s’appelle Bruay-la-Buissière.

La suite après cette publicité

La suite après cette publicité

« Accusés levez-vous », de Caroline Pigozzi et Jean-Yves Le Borgne, coll. Caroline Pigozzi, éd. Gründ Plon, 348 pages, 39,95 euros.

source

Tout d’abord la page est mise en ligne à des fins d’information du public et en vue d’informer les clients. Par ailleurs elle est régulièrement mise à jour, dans la mesure du possible.
Néanmoins en raison de l’évolution permanente de la législation en vigueur, nous ne pouvons toutefois pas garantir son application actuelle. Nous vous invitons toutefois à nous interroger pour toute question ou problème concernant le thème évoqué au 07 81 19 33 22. Cependant en aucun cas meilleur avocat ne pourra être tenu responsable de l’inexactitude et de l’obsolescence des articles du site.  xtremwebsite cout site internet création site internet  site internet pour avocat  création site vitrine {service} à {ville(Ville)}< /span> meilleur avocat  – avocat de confiance