[En direct] Affaire Jean-Bertho Jerpan : la parole est aux parties civiles – Le Journal d'Ici

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9 h 05 – Troisième journée d’audience.
Aujourd’hui, dernier jour du procès de Jean-Bertho Jerpan devant la cour d’assises du Tarn, réunie à Albi. Dans l’ordre d’apparition sur ce fil: ce matin, plaidoiries des trois parties civiles. Puis réquisitoire de l’avocat général Freddy Marta (substitut à Castres) suivi des plaidoiries de la défense. Le verdict est attendu en début de soirée.
 
9 h 10 – Me. Thibault Terrié (pour la fiancée de Florent Basso, la victime décédée)
​Les membres de cette famille sont restés dignes durant trois longues années. ​C’est une famille qui porte des valeurs. Ses membres ont rencontré un personnage destructeur.  Depuis, on se demande «pourquoi». On n’a toujours pas de réponse.
L’avocat parle de «la fuite» de l’accusé qui joue les amnésiques et, éventuellement de ses mensonges: «Vous avez des flash et des sursauts de mémoire opportuns. Que vous mentiez, c’est votre affaire. Mais ce qui reste c’est que vous n’avez pas engagé la moindre introspection, vous n’avez aucun retour sur vous-même.
 
Non, Monsieur, on vous regarde comme un meurtrier qui a brisé des vies et des avenirs.»
 
«Son enfance malheureuse constitue un début d’explication, mais ce n’est pas une excuse. La seule certitude c’est que vous êtes un meurtrier, M. Jerpan. Hier, vous avez dit qu’on vous regardait comme une bête. Non, Monsieur, on vous regarde comme un meurtrier qui a brisé des vies et des avenirs.
«Vous avez un passé de violence (l’avocat fait allusion à deux condamnations qui ont sanctionné l’accusé pour des agressions avec un couteau. Ndlr). Même en prison vous persévérez dans cette voie (allusion à une fouille de cellule qui a conduit à la découverte d’un couteau «artisanal» Ndlr), et c’est avec un couteau encore et toujours que vous tuez. Je crains que vous n’ayez pas tout compris et que vous ne recommenciez un jour. Oui, on le redoute…»
L’avocat fait ensuite une évocation des «survivants» de la famille Basso. La maman qui pleure tous les jours, le père qui s’absente pour ne pas alourdir le chagrin de sa femme: «Tout est contaminé par le geste de Jerpan.» Il évoque Céline, qui fut la compagne de Florent Basso et qui envisageait d’installer un salon de coiffure à Saint-Amans après avoir épousé Florent Basso: «L’amour existe encore, il fait partie de la vie, mais pas dans ces conditions. Je suis persuadé, que vous saurez condamner la haine de la façon la plus sévère qui soit.»
 
9 h 24 – Plaidoirie de Me Robin Sénié-Delon (barreau de Toulouse) pour Sébastien Goessens, qui a reçu un coup de couteau durant la rixe
​«Oui, c’est une victime collatérale. Il n‘avait rien à voir avec cette rixe. Il est dans l’incompréhension parce que non seulement il n’y est pour rien, mais si l’accusé entre en contact avec lui c’est parce que sa compagne s’était proposée de l’aider alors qu’il (Jean-Bertho Jerpan) était à terre.
​«C’est incompréhensible parce que la seule chose qui détermine ce mauvais geste, c’est un peu de compassion. Sébastien Goessens vient pour calmer la situation, pour tendre la main à l’homme blessé et il reçoit en échange un geste d’agression, un geste qui aurait pu être meurtrier.
​«On regrette aujourd’hui, trois ans après, d’avoir reçu en guise de repentir le silence et l’amnésie de l’accusé. Sébastien Goessens aurait aimé avoir une explication. Ce qui nous reste c’est d’avoir appris et de savoir désormais que M. Jerpan n’est jamais très loin d’un couteau. Quant à savoir pourquoi il l’a utilisé contre M. Goessens ce soir -là, on ne le saura sans doute jamais.
«Pour M. Jerpan le chemin sera long. Trois ans après on cherche en vain le commencement d’une introspection. On a vu les boucliers: l’alcool, le cannabis…Mais si toutes les personnes qui boivent ou qui fument se mettent à jouer du couteau gratuitement, il y a de quoi se montrer inquiet.
«C’est embarrassant, vous devez juger un gamin. On se dit qu’il a le temps de faire du chemin. Mais sa personnalité n’est toujours pas arrêtée et on se demande non seulement dans quel sens elle peut évoluer, mais également si elle le peut. 
 
Pour lui, l’écho de cette fête, ce sont des nuits sans sommeil, une compagne qui finit par se lasser.»
 
«Les psychologues vous ont expliqué qu’il se cachait derrière des causalités extérieures et que s’il ne change pas de paramétrage d’appréciation… on se reverra. Chez lui, c’est toujours la faute aux autres: qu’il s’agisse de personnes ou d’événements il nous explique qu’il subit, qu’il est le jouet de choses dont il ne veut pas.»
«Je tiens toutefois à vous rappeler qu’une victime collatérale reste une victime, une personne qui, depuis trois ans, subit encore l’impact psychologique d’un traumatisme. Depuis trois ans Sébastien Goessens subit l’assaut dont il a été victime. Pour lui, l’écho de cette fête, ce sont des nuits sans sommeil, une compagne qui finit par se lasser, une difficulté persistante à sortir et donc, des boulots qui vous échappent.»
Et de conclure: ​«Dans votre délibéré, n’oubliez pas cette douleur et donnez-lui réparation, faites-lui entendre que vous avez compris que c’était une victime.»
 
9h 40 – Me David Cuculières (barreau de Castres) pour les parents de Florent Basso
​«Je me lève pour un mort, pour faire entendre la voix de celui qui était “Flo”, puis “Monsieur Basso”, puis “la victime” et enfin “un cœur transpercé”. Mais derrière le nom écrit sur un dossier il y avait une vie d’homme.
​«J’ai eu cette impression qu’on reprochait à Florent Basso de l’avoir un peu cherché, de s’être mêlé d’une bagarre qui ne le regardait pas. Cela justifie-t-il pour autant qu’il croise ce soir là une trajectoire tout aussi absurde que celle de Jerpan? (…) Ce soir-là, il y a deux parcours qui n’ont rien à voir et qui viennent se percuter de façon inexplicable. Florent Basso n’était pas forcément mieux loti que l’accusé, il n’est pas né avec une cueiller en argent dans la bouche, mais il avait un projet de vie simple, il l’a élaboré. Comme vous, il venait de loin, mais il s’est construit. Vous, vous nous dites avoir eu un projet (la mécanique Ndlr) mais vous n’en avez rien fait.
​«Vous nous vendez une enfance malheureuse. Oui, elle l’est. Mais vous cultivez la malédiction, vous ne vous donnez pas la peine de l’affronter. Pour cela, il faut se lever le matin, bosser, gagner sa vie. Comme l’a fait Florent Basso. Mais vous, vous n’êtes préoccupé que par vous-même, et vous, c’est la facilité, le refus de la frustration, la conviction que vous êtes supérieur aux autres, que personne n’a rien à vous apprendre (il fait allusion à une scène de violence déclenchée par l’accusé contre un élève qui lui disait qu’il ne savait pas se servir d’une souris d’ordinateur Ndlr).
 
A Saint-Amans on a appris le vivre ensemble. Vous y avez apporté le défi aux autres.
 
​«Le 18 août à Saint-Amans, il y avait un village en fête. Qu’on ne vienne pas nous dire qu’on n’y aime pas les étrangers. Tu parles: c’est un village dont le développement s’est construit sur l’industrie textile et sur le bois, qui a fait venir de la main d’œuvre étrangère.
​«On n’a pas essayé de lyncher Jerpan ce soir-là. En revanche, quand on voit un père de famille agressé, on ne tourne pas la tête.
​«On a un rapport construit à autrui. Vous, vous avez un rapport blessé aux autres. A Saint-Amans on a appris le vivre ensemble. Vous y avez apporté le défi aux autres.
​«Je crois que Jerpan ce soir-là n’a pas supporté le bonheur des autres. Le bonheur simple des familles unies, des enfants qui s’amusent sur les manèges. Il n’a pas supporté de voir les autres jouir de ce dont il a été privé.
​«Je plaide pour une chaise vide ou, plus exactement pour la sensation qu’elle laisse désormais tous les dimanches. Je plaide pour des silences à table. Mais j’ai un vœu: que Jerpan parte dans la montagne, et là, s’il a un couteau, il lui servira pour de bonnes raisons. Dans l’immédiat, il n’est pas prêt à revenir dans une fête de village

10 h 15. Suspension.
Reprise à 11 heures avec le réquisitoire.
10 h 30 – La pause prévue a été allégée: la présidente entend boucler les plaidoiries avant le déjeuner.
Réquisitoire de l’avocat général M. Freddy Marta. ​«Nous sommes dans une fête où il y a plus de 200 personnes. Des hommes, des femmes, des enfants. Mais il y a aussi de l’alcool.» ​L’avocat général présente la soirée à laquelle se rend l’accusé: «Il commence à boire avant 20 heures, et continue jusqu’à son arrivée à Saint-Amans, vers 23 heures.
​«L’altercation initiale, avec Tony Horiza qui porte son enfant dans les bras. On a appris hier qu’il avait eu un mot malheureux en parlant de «négro» à l’adresse de M. Jerpan. C’est le début de la première bagarre, à l’issue de laquelle il apparait que M. Jerpan a été maîtrisé. Pour autant, il ne s’est pas calmé puisqu’en se relevant il porte un coup de couteau à M. Goessens et, un peu plus tard un second à M. Monroy Tundidor. Enfin, il poursuit sa course énervée jusqu’à Florent Basso qui vient à sa rencontre et là, il a le geste irrémédiable qui le conduit ici.
​«Il y a trop de témoins qui se rejoignent dans leur déclarations pour douter des faits eux-mêmes. L’accusé lui-même ne les nie pas. Toute la question est de savoir s’il avait l’intention de tuer. Si vous estimez qu’il n’était pas dans une intention homicide, vous devrez le prendre en compte.
​«Concernant MM. Goessens et Tundidor, qui ont été blessés, vous pouvez légitimement douter de l’intention homicide et estimer qu’il s’agit de «coups et blessures volontaires avec arme»: les plaies sont peu profondes et les coups ne sont pas réitérés. 
«Quant à la mort de M. Basso, il y a juridiquement moins de doute. Il y a plusieurs coups portés dans des zones létales. En soi, cela peut qualifier l’intention homicide, même si M. Jerpan n’a pas fait d’études anatomiques il vise ce qu’il sait être des endroits sensibles.»
 
Je demande une peine juste. C’est à dire une peine qui ne dépasse pas le maximum exigé.»
 
Il demande la requalification de l’accusation contre MM. Goessens et Tundidor «violences volontaires avec armes». En revanche, il renvoie les jurés leur décision de retenir ou pas l’intention homicide à l’encontre de Florent Basso en requalifiant au besoin l’incrimination en «meurtre simple». «En conséquence, je demande une peine juste. C’est à dire une peine qui ne dépasse pas le maximum exigé.»
«Les circonstances aggravantes c’est ce meurtre en public sous les yeux des enfants. Ce qui est aggravant aussi ce sont les deux coups de couteau portés préalablement sur des personnes qui n’avaient rien à voir.
«La forte imprégnation alcoolique laisse deviner que l’accusé ne maitrisait pas ce qu’il faisait. Mais ne perdez pas de vue le fait qu’il savait que l’alcool pouvait le rendre violent. N’oubliez pas non plus qu’il s’était rendu à cette fête en possession d’un couteau avec la volonté d’en découdre. (…) Reste qu’il a aussi des circonstances atténuantes: la provocation raciale dont Jean-Bertho Jerpan a été l’objet doit être prise en compte. (…) Son passé déconstruit fait également paramètre. Mais, la faible crédibilité de ses déclarations à l’audience doit nous faire douter de la vérité de son récit de vie.
«Ses antécédents judiciaires et les rapports psychiatriques ne plaident pas en faveur d’un blanc-seing pour l’avenir. Sa dangerosité est réelle et persistante tant qu’il ne se sera pas fait soigner. Il a déjà été averti précédemment par la justice après avoir fait usage d’un couteau mais, vraisemblablement cela n’a pas suffi puisqu’il a été condamné à plusieurs reprises pour port et-ou usage d’une arme, à chaque fois, un couteau… que l’on retrouve encore dans sa cellule de prison.
«A tout ceci s’ajoute une fâcheuse tendance à se déresponsabiliser car, chaque fois qu’il est pris en défaut, il implique les autres et reporte la faute sur des décisions qu’ils auraient prises à sa place.
«Dans l’immédiat, je pense que personne, ici, ne souhaite rencontrer M. Jerpan en l’état. De fait, je requiers 18 ans de réclusion criminelle avec obligation de soin, interdiction de porter une arme, interdiction de revenir dans le département du Tarn.»
 
11 h 17 Fin du réquisitoire. Suspension.
Plaidoiries de la défense en suivant. 
11 h 34 – Plaidoirie de la défense.
Me. Morgane Dupoux (barreau de Toulouse) 
 
​« Juger sans haine, c’est mettre de côté les émotions et les sentiments, c’est s’en tenir aux faits même quand ils sont crus et durs. C’est faire appel à votre raison.
​« Au cœur de votre réflexion il y a toutefois un homme, c’est Jean-Bertho Jerpan. Dans sa construction mentale, dans sa construction psychique, il y a des échappatoires. Il ment parfois pour ne pas voir ce qui est parce qu’il ne supporte pas son histoire. Son histoire est blessante dès le départ et ensuite tout au long de son parcours de vie.
​« S’il ment c’est pour s’arranger avec l’inacceptable
​« Il a été adopté et ensuite abandonné. L’abandon c’est un rejet
​« Pour autant, même s’il ment, il ne conteste pas être violent, il ne conteste pas s’être battu et, finalement, avoir tué. Il dit qu’il ne se comprend pas… mais la Justice a horreur du vide et alors, elle attend de l’accusé qu’il mette des mots sur une situation qui s’impose à lui et qu’il n’explique pas. Alors, il dit n’importe quoi au besoin, juste pour répondre parce qu’on le lui demande
​« Les experts sont venus expliquer qu’il n’était pas juridiquement malade du point de vue mental et que l’alcool n’était pas un facteur à intégrer dans leur évaluation. Certes, mais l’alcool est au centre de ce dossier et la raison de son amnésie
​« Son amnésie, c’est l’alcool, mais c’est aussi un refus de se retrouver face à sa conscience. On ne sait pas quelle est la part de l’un et de l’autre, mais au cumul on en arrive à ce silence. 
​« Les soins dont il bénéficie aujourd’hui auraient dû être imposés il y a 20 ans, quand sa mère est morte, ou encore il y a douze ans quand il a été abandonné par ceux qui l’avaient adopté.
​« Alors, on ne répondra pas ici à la question « pourquoi ». En revanche, il y a un élément déclencheur, c’est le « mot malheureux » de quelqu’un qui parle de lui comme d’un « négro ». C’est ce mot qui embrase sa colère attisée par l’alcool
​« Il est dans une situation permanente d’insécurité. L’insécurité ça commence quand on vous abandonne, qu’on fait dérailler tous vos repères, et ça vous poursuit quand on fait ses courses, quand on va en cours… et quand on va à la fête.
​« A-t-il l’intention de tuer Florent Basso ? Je ne crois pas que Florent Basso soit une cible. La colère, ce soir-là elle est dirigée contre Tony Horyza qui a eu ce mot malheureux. 
​« Sa colère, il ne la raisonne pas, c’est pourquoi elle atteint des personnes qui n’ont rien à voir avec elle. Des personnes qui, au contraire essaient de l’apaiser. Mais c’est trop tard, il a bu, il ne maîtrise plus et il fait n’importe quoi. Il n’a plus conscience de ce qu’il fait au point que le lendemain, quand il se réveille avec les menottes aux poignet, il va demander aux gendarmes ce qui s’est passé
​« Quitter la Martinique pour venir en France avec un projet (l’accusé est passionné de mécanique et se formait à l’AFPA d’Albi Ndlr), ce n’est pas simple, surtout pour lui qui n’a aucun soutien pour l’aider à construire
​« L’avocat général a demandé une « peine juste ». Mais une peine juste c’est une peine adaptée à la réalité des faits, vous a-t-il dit. Mais j’ajoute qu’une peine juste doit être adaptée à celui qui l’a commise, avec son histoire, dans son contexte, et en pensant à son avenir. Son avenir reste ouvert parce que oui, il doit se soigner. Il le fera.
​Il a 25 ans aujourd’hui, il a encore un chemin à faire. La société doit l’accompagner vers cette solution : oui, obligez-le à se soigner, dites le dans votre verdict. Ayez le soin de son futur. Votre décision ne doit pas s’arrêter à la porte de la maison d’arrêt. Offrez-lui une solution ».
 
12 h 14 – Seconde plaidoirie de défense.
Parole à Me. Pierre Lebonjour (barreau de Toulouse).

​« Les hommes ne sont pas malveillants par nature.
​« Les hommes ont besoin d’être aimés, c’est un point d’ancrage, un appui qui permet de prendre un départ. Mais lui, il n’a pas trouvé ce point d’ancrage : ceux qui l’ont adopté le déposent devant une institution sociale comme on se débarrasse d’un surplus.
​« Jean-Bertho Jerpan est parti dans la vie avec ce sentiment qu’il était en trop avec, pour seul bagage, la violence subie.
​L’avocat revient sur les faits :
​« Il y a eu deux blessés superficiels. S’il y avait eu volonté de tuer, il se serait acharné. Vous avez compris que c’étaient des gestes de réaction et non pas d’intention.
​« Le geste ultime qu’il porte à Florent Basso part de la même intention. La vérité de ce moment c’est le caractère irréfléchi et spontané de sa volonté d’échapper à la situation dans laquelle il se trouve.
​« Il répond à la même réalité, à la seule différence que là, les coups ne sont pas anodins. Mais il ne réfléchit pas à ce qu’il est en train de faire
​« Attention, on ne juge pas la conséquence des faits, mais un homme. Un homme dans une situation, porté des événements qui ont organisé un contexte
​« S’il se réfugie dans le mensonge parfois, c’est parce qu’il préfère le trou noir de l’oubli plutôt que de charger son profil d’individu rejeté en y ajoutant la charge de meurtrier.
Il a déjà le dégoût de lui-même avec l’histoire qu’on lui a infligée. Il ne va pas à son tour s’infliger un argument supplémentaire pour se détester
​« Dans cette histoire il y a un élément déclencheur. L’alcool sans doute qui va aggraver tout ce qui arrive, tout ce qui lui arrive.
​« Il est étonnant que la personne par qui tout est arrivé ne se soit jamais présenté ni au cours de l’instruction, ni au cours de ce procès. Il a parlé de « négro », mais on doit se contenter des témoins pour le savoir : c’était peut-être une parole qui lui a échappé, soit. Mais il n’est pas venu nous le dire.
​« Mais ce mot malheureux est devenu tragique, non pas en soi, mais parce qu’il s’est cumulé avec le contexte de cette soirée pleine d’alcool où le rejet qui a été suscité a fait l’effet d’un détonateur.
​« Oui, il mérite une peine. Mais vous tiendrez compte de son histoire. Vous tiendrez compte du contexte et des propos racistes qu’il a ressenti ce soir-là comme le camouflet de trop. Peut-être, sans l’alcool, ces mots n’auraient pas eu le même écho… Peut-être, mais les faits s’imposent et retenez qu’il ne les nie pas.
​« Pour lui, une peine juste, ce serait de lui dire qu’il a tort, bien sûr. Mais montrez lui qu’il a le droit d’exister, qu’il n’est pas que ce petit garçon qu’on traite comme un rebut. Vous avez la possibilité de lui montrer l’exemple qu’il n’a jamais eu : la clémence, l’humanité et une invitation à revenir dans le monde des hommes ».
 
12 h 48 – fin de la plaidoirie.
Reprise à 14 h 15 avec la dernière déclaration de l’accusé avant les délibérations.
14 h 17 – Avant le délibéré, les derniers mots sont à l’accusé :
 
L’accusé demande pardon « à toutes les personnes qui sont là à cause de moi. Je suis désolé, vraiment ».
 
14 h 20 – Lecture procédurale des questions posées aux jurés
 
14 h 23 – Les jurés entrent dans la salle des délibérations.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 
 
 
 
 
 
 
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