"Elles ne passent pas un examen": avant les témoignages de victimes, un avocat évoque les coulisses du procès du 14-Juillet – Var-matin

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Le procès de l’attentat de 2016 à Nice entre dans sa troisième semaine. La parole est aux victimes. Me Fabien Rajon, avocat de parties civiles, dévoile les coulisses de cette épreuve dans un livre.
Affaire Maëlys, attentat du 14-Juillet: Me Fabien Rajon, avocat pénaliste au barreau de Lyon, sera intervenu en partie civile dans deux des procès les plus médiatiques de l’année.
Depuis le 5 septembre, devant la Cour d’assises spéciale de Paris, il représente 35 victimes de l’attentat de Nice (sur 1950 constituées), ainsi que l’association Promenade des Anges avec Me Virginie Le Roy. Il évoque ces affaires hors norme dans son livre Aux côtés des victimes (1). Des victimes appelées à témoigner lors de la troisième semaine de procès, qui s’ouvre ce mardi.
En tant qu’avocat de la partie civile, quelles similitudes existent entre l’affaire Maëlys et le procès du 14-Juillet?
Dans ces deux affaires, mon rôle d’avocat consiste naturellement à défendre et conseiller mes clients, mais aussi à les soutenir et les accompagner durant ce rendez-vous judiciaire long et éprouvant.
Dans votre livre, vous décrivez un « combat passionnant » pour les victimes de l’attentat. Pourquoi faut-il combattre afin d’obtenir justice pour des civils innocents?
Parce que les victimes doivent être accompagnées avec pugnacité dans toutes leurs démarches. Leurs démarches d’indemnisation, d’une part, longues et parfois difficiles – notamment l’expertise. Mais aussi devant la Cour d’assises. La réparation du préjudice des victimes n’est pas le sujet principal de ce procès. La plupart des parties civiles que je représente poursuivent un double objectif: comprendre ce qui s’est joué le 14 juillet, et voir l’institution judiciaire passer avec la plus grande fermeté. Les individus dans le box ont peut-être joué un rôle mineur dans la commission de cet attentat, mais ils ont apporté leur concours à des faits d’une gravité absolue!
Lors de vos entretiens avec les victimes, vous vous dites impressionné par leur absence de larmes et leur lucidité sur la nature humaine…
Je suis toujours étonné, et d’une certaine manière admiratif, de leur très grande dignité. Elles ont vécu le pire, ont été confrontées à un visage très sombre de notre humanité. Pour autant, elles ne se plaignent pas.
Vous évoquez leur rancœur envers les organisateurs de cette soirée, Christian Estrosi au premier chef. Pourtant, elles font la part des choses entre possibles « complicités » et éventuelles négligences?
Les parties civiles que je représente font la part des choses entre la responsabilité de l’auteur de cet attentat et les éventuelles failles dans l’organisation et la sécurisation du 14-Juillet. Elles veulent voir cette question étudiée de manière approfondie, avec un procès en bonne et due forme. À ce stade, aucune personne physique ou morale n’est mise en examen. Il y a donc de bonnes raisons de craindre qu’aucun procès ne se tiendra sur ces questions organisationnelles… Or nous considérons que c’est impératif.
Pourquoi avez-vous dû intervenir pour que Christian Estrosi et Philippe Pradal soient entendus dans cette seconde enquête?
Quand j’ai demandé leur audition, il y a plusieurs années, ni le maire ni son premier adjoint n’avaient été entendus par un juge. Il me semblait important qu’ils le soient.
Selon vous, cette recherche de responsabilités ne doit pas occulter l’essentiel: « la menace terroriste »?
Les parties civiles doivent mener jusqu’au bout leur combat pour la vérité. Nous allons entreprendre dans les prochaines semaines des démarches afin de solliciter la tenue d’un procès, en vue d’un débat contradictoire, public et transparent. En revanche, il est clair que Nice a été victime d’un acte de guerre, et que la responsabilité première et évidente, il faut aller la chercher chez le terroriste qui a commis cet acte abject et parmi les personnes dans le box.
Le précédent « V13 » – le procès des attentats du 13-Novembre à Paris – ne semble pas vous avoir convaincu?
J’avais quelques réticences quant aux modalités d’organisation de ce procès au long cours, avec une logistique particulièrement lourde. Au fil du procès de l’attentat de Nice, je revois un peu mon jugement. Son organisation est calquée sur celle de « V13 ». J’ai le sentiment d’une mécanique bien huilée. Face à des actes de guerre aussi abjects, la réponse de notre Justice est à la hauteur des crimes commis. Et dans un État de droit, la réponse judiciaire est la seule qui vaille!
Cinq semaines consacrées aux auditions des parties civiles, sur trois mois et demi d’audition: est-ce trop? Ou est-ce nécessaire?
C’est nécessaire, car chaque témoignage apportera son concours à la compréhension des faits et de leurs répercussions. Il mettra les personnes renvoyées devant la Cour d’assises face à leurs responsabilités. D’autre part, pour les parties civiles, le fait de venir témoigner à la barre aura peut-être un effet sur leur reconstruction et leur vie d’après.
Que leur conseillez-vous pour bien aborder ce moment?
Je leur conseille de ne pas se limiter ou se freiner dans leurs témoignages. Je leur dis qu’elles ne seront pas évaluées, pas notées, puisqu’elles ne passent pas un examen. L’objectif, c’est avant tout qu’elles soient en accord avec elles-mêmes une fois leur témoignage livré.
Craignez-vous d’être déçu à l’issue du verdict?
C’est une vraie interrogation. Dans mon livre, j’explique que les parties civiles ont de bonnes raisons d’être pessimistes quant à l’intérêt de ce procès: l’absence de l’auteur de l’attentat, le fait que ça se déroule à Paris, et que les accusés ont joué un rôle manifestement subalterne. Malgré tout, s’ils ont joué un rôle, ils ont apporté leur concours à un acte de guerre! C’est la raison pour laquelle ce procès devait se tenir.
Peut-il aider les victimes du 14-Juillet, comme la famille de Maëlys, à se « réparer » un peu?
Si l’on s’en tient au code pénal, l’objectif du procès n’est pas stricto sensu de permettre aux victimes de tourner la page. Néanmoins, il est légitime qu’elles attendent de la justice pénale de pouvoir retrouver des perspectives d’avenir. S’agissant de la famille de la petite Maëlys, nous avons franchi ensemble cette épreuve. Je pense qu’une page est tournée, mais que leur vie sera, hélas, à jamais meurtrie par le meurtre et la disparition de leur fille.
(1) « Aux côtés des victimes », de Fabien Rajon, aux éditions de l’Archipel. 256 pages, 20€.
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