Des auditions sous le feu des critiques au Tchad – DW (Français)

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Plus de 600 manifestants arrêtés à la suite des événements du 20 octobre ont été auditionnés sans la présence d’avocats et de leur famille.

Des manifestants dans les rues de N’Djamena le 20 octobre.
L’audition s’est déroulée à Koro Toro, une prison de haute sécurité, située à plus de 500 kilomètres de la capitale N’Djamena, où ont été déportés les prévenus. Les avocats et les familles des personnes emprisonnées dénoncent une procédure arbitraire et illégale
Selon les autorités judiciaires tchadiennes, ce sont au total 621 personnes, parmi lesquelles 83 mineurs dont un de moins de douze ans, qui ont été auditionnés par des officiers de police judiciaire venus de N’Djamena à Koro Toro.  
Tous ont été entendus sans l’assistance de leur avocat ou de leur famille parce qu’ils n’auraient pas les moyens de se payer les services d’un avocat. 
Manifestations à N’Djamena.
« Selon le code de procédure pénal dans notre pays, lorsqu’un officier de police judiciaire vous auditionne, il vous signifie que vous avez le droit de vous faire assister par un avocat dans toutes les étapes que vous allez connaître. Si vous avez besoin d’un avocat, vous le signifiez à l’officier de police judiciaire qui le note dans son procès-verbal. Si vous dites non, moi je n’ai pas les moyens de m’octroyer les services d’un avocat, vous le signifiez également à l’office de police judiciaire qui va également le noter » explique Mahamat Ahmat Alhabo le ministre tchadien de la Justice.
Pourtant, une équipe d’avocats avait sollicité l’appui sécuritaire des autorités tchadiennes pour se rendre à Koro Toro afin d’assister à cette audition mais sans résultat. 
Selon Maître Laguerre Djerandi Dionro le bâtonnier de l’ordre des avocats du Tchad « les personnes déportées à la prison de Koro Toro sont sans accès à leur famille, sans contact puisqu’il est impossible de communiquer avec Koro Toro, sauf via radio VHF des forces de sécurité. Ces détenus se retrouvent dans des conditions qui ne peuvent solliciter les services d’un avocat. Dans ces conditions, on se demande quelle mention les officiers de police judiciaire feront sur les procès-verbaux. »
Le président de la transition au Tchad Mahamat Idriss Deby
C’est inadmissible, déplore Roger qui est sans nouvelles d’Alladoum, son petit frère arrêté le 20 octobre dernier. « Dans quel genre de pays sommes-nous ? Je ne sais pas. Pour succéder à son père, je me demande si Mahamat Idriss Deby a vraiment besoin de tuer tous les jeunes Tchadiens ? Soyons sérieux s’il vous plait ! » s’insurge le jeune homme.
Selon des sources proches de la Croix Rouge qui a dépêché une délégation à Koro Toro, les personnes arrêtées sont détenues dans des conditions déplorables. Certains seraient aussi malades et sans accès aux soins nécessaires.
Le 11 novembre, la justice tchadienne a annoncé que plus de 600 personnes avaient été arrêtées lors des manifestations du 20 octobre. N’Djamena accuse les manifestants d’avoir attaqué les institutions.
Au Tchad, le gouvernement a accepté l’ouverture d’une enquête internationale après la répression des manifestations du 20 octobre dernier. Le sujet était à la Une du duplex entre votre radio et Excaf Telecom ce 9 novembre. Des infos aussi sur la décrispation entre le Rwanda et la République démocratique du Congo qu’appelle de ses voeux la communauté internationale, ou encore la COP27.
Des enquêteurs vont pouvoir faire la lumière sur la violence de la répression des manifestations du 20 octobre, contre la prolongation de la transition et le maintien au pouvoir de Mahamat Idriss Déby Itno.
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