Charles Noujaim, un héros discret du Chouf – ici beyrouth

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Personnalité incontournable du Chouf, Charles Noujaim a grandement œuvré pour la réconciliation entre chrétiens et druzes après la guerre civile. Ce samedi 12 novembre, il reçoit les honneurs de la nation, notamment pour son rôle de président de la biosphère de réserve du Chouf, la plus grande du Liban. Portrait d’un héros de l’ombre qu’on ne peut qu’apprécier.
Il est une personnalité discrète, mais très influente dans le Chouf. Ami des chrétiens, comme des druzes, il a grandement œuvré à leur réconciliation entre la fin des années 1990 et le début des années 2000. Il n’a jamais voulu entrer en politique, car, trop désintéressé, il « n’en avait pas besoin pour être heureux », comme il l’explique. À 80 ans, Charles Noujaim continue de forcer le respect, notamment dans sa région, le Chouf, où une cérémonie est organisée en son honneur, ce samedi 12 novembre, par le ministre de l’Environnement Nasser Yassin.
Victime d’un accident il y a deux ans, Charles Noujaim ne parle plus qu’en de rares occasions, souvent pour décocher une blague ou un jeu de mot. Car s’il est devenu avare en paroles, il continue d’écouter, le regard toujours vif et rieur. Un talent pour l’écoute et le verbe qui lui ont permis de devenir avocat au Liban et à l’international, grand négociateur, président du conseil municipal de Maasser el-Chouf et président de la biosphère de la réserve du Chouf. « Sa vie, on pourrait en faire un livre », s’amuse à dire son épouse Yola.
Les débuts à Beyrouth
La vie de Charles Noujaim, c’est son épouse qui en parle le mieux. S’il se contente désormais de l’écouter en hochant la tête, elle pourrait passer des heures à parler de lui, ne pouvant s’empêcher de le taquiner dès qu’elle le peut, créant de fréquents éclats de rire complices entre eux.
Charles Noujaim naît à Beyrouth en 1942, dans une famille grecque-catholique. Sa mère décède à sa naissance. Son père, Boutros, surnommé « le juge de Maasser », en raison de sa ville d’origine et de sa réputation à la Cour, l’élève avec une tante. Le jeune garçon grandit dans un appartement à Badaro, à proximité du Palais de justice, son père ne pouvant s’offrir une voiture pour aller au travail. Après une éducation chez les jésuites et des études de droit, Charles Noujaim ouvre son cabinet d’avocat à 22 ans.
Dix ans plus tard, il rencontre celle qui va devenir sa femme. Ils se marient en 1978. Mais la guerre civile fait rage et Boutros Noujaim les pousse à partir. En 1980, le couple quitte famille, amis et une situation économique confortable pour s’installer à Paris, où Yola Noujaim a effectué ses études d’ingénieur. « Nous avons dû recommencer notre vie. Charles ne connaissait personne. C’était compliqué pour son travail », raconte-t-elle, les yeux tristes.
Un nouveau départ
Le couple vit deux ans à la rue de l’Abbaye, dans le quartier de Saint-Germain, jusqu’à la naissance de leur premier fils, Boutros, en 1982. N’ayant pas réussi à s’inscrire au barreau de Paris, Charles Noujaim se reconvertit en avocat d’affaires. « Le gène de la paresse a toujours été très présent chez lui », s’amuse à dire son épouse. De premiers dossiers réussis avec un client libanais lui permettent de rencontrer d’autres clients. Ce qui l’a aidé à se constituer un véritable réseau. « Il était devenu le valium des gens. Il apaisait tout le monde », ajoute-t-elle.
En 1986, après la naissance de son second fils, Ziad, Charles Noujaim était devenu un avocat d’affaires incontournable, n’hésitant pas à fréquenter l’infréquentable. « Certains clients étaient clairement des mafieux, mais il avait décidé de travailler avec tous ceux qui le sollicitaient », confie Yola Noujaim.
Sa carrière parisienne l’emmène dans différents pays du monde, de l’Asie à l’Amérique latine en passant par l’Afrique. Il crée sa renommée grâce à sa capacité à conclure ses affaires sans avoir à passer par la justice, grâce à son talent de négociateur. « Le seul dossier qu’il a perdu c’est lorsqu’il a voulu nous défendre après avoir été expulsés de notre appartement, rue de Rivoli », se souvient son épouse.
Retour au pays
S’il fréquente de nombreux milieux, notamment ceux, à la fin des années 2000, du président français Nicolas Sarkozy – qui a d’ailleurs souhaité lui décerner l’ordre du Mérite, ce qu’il a refusé pour préserver l’identité de ses clients –, c’est avant tout pour son action dans son pays d’origine, le Liban, que Charles Noujaim est salué. Mais pour tout comprendre, il est nécessaire de remonter un peu dans le temps.
En mars 1977, le leader druze Kamal Joumblatt est assassiné. En réaction, des massacres ont lieu visant des chrétiens dans la montagne du Chouf.
Bien plus tard, au cours de la  » guerre de la montagne « , 80 chrétiens sont tués en 1983 à Maaser el-Chouf, poussant la communauté chrétienne à l’exil.
Parce qu’il connaît l’ancien président Camille Chamoun et Walid Joumblatt, Charles Noujaim participe largement aux négociations de réconciliation qui ont commencé avant la fin de la guerre en 1990. Entre deux allers-retours au Liban, il organise des discussions entre druzes et chrétiens à Paris. Objectif: avancer vers la paix.
En 1994, Charles Noujaim convainc une bonne partie des chrétiens de rentrer à Maasser el-Chouf grâce à des mots simples: « Si vous voulez rentrer chez vous, il va falloir pardonner. » Une condition est posée: les druzes devront exiler ceux d’entre eux qui ont participé aux massacres de 1983. Les deux camps acceptent et en 1995 a lieu, au village, une cérémonie de réconciliation en présence, notamment, de Walid Joumblatt.
Acteur de la réconciliation
En 1998, pour les premières élections municipales, le leader druze demande à Charles Noujaim de présenter sa candidature. Il est alors élu président du conseil municipal de Maasser el-Chouf. Les allers-retours au Liban se font de plus en plus réguliers, d’autant plus qu’il faut encore, véritablement, réconcilier les habitants qui se détestent toujours.
« Nous avons fait venir, de Paris, des amis qui géraient une association sociale, explique Yola Noujaim. L’idée était d’organiser une semaine d’activités pour les enfants du village, autour de la nature et du jardinage. Car le fait de créer un lien entre les enfants peut aider au rapprochement des parents. »
Mais encore faut-il trouver un local pour accueillir tout ce monde. Le couple décide alors de rénover une ancienne école construite dans les années soixante par le père de Charles Noujaim, et fermée en 1980. « Entre les travaux et la logistique, le projet nous a coûté 120 000 francs, payés de notre poche », précise Yola Noujaim.
Le pari est réussi. Si le lundi, une poignée d’enfants se présentent, ils sont de plus en plus nombreux chaque jour, si bien qu’en fin de semaine, plus de mille personnes, parents compris, se réunissent autour du jardin public nouvellement créé pour danser la dabké. Après cette première expérience concluante en 2000, l’initiative se répète trois années de suite, créant toujours plus de liens entre druzes et chrétiens.
Nouveaux investissements
Par la suite, l’école-auberge est convertie en hôtel. Coût des rénovations pour Yola et Charles Noujaim: 300 000 dollars. Géré par l’association Arc-en-ciel, il attire les touristes pour des séjours-ateliers sur les thèmes de la nature et de la relaxation. En 2016, le couple le récupère sans trouver de nouveaux gérants.
En 2019, et après l’avoir à nouveau réhabilité à hauteur de 700 000 dollars, notamment pour l’installation de panneaux solaires, ils le rouvrent au public. Si, avec le restaurant joliment appelé « Em Boutros » (littéralement, la mère de Boutros), il est loin d’être rentable – notamment en raison de la crise économique et du Covid-19 –, il emploie de nombreux jeunes de la région et permet à tous, famille, amis et clients de passage, de se retrouver dans une ambiance chaleureuse. Et lorsqu’on lui demande pourquoi il ne lâche pas ce gouffre financier, Charles Noujaim répond tout simplement: « Je ne peux pas abandonner l’œuvre de mon père. »
Druzes comme chrétiens, personne ne tarit d’éloges de l’ancien président du conseil municipal de Maasser el Chouf. Certains saluent sa culture musicale et d’autres sa passion pour le déguisement et les jeux de cartes – un certain Walid Joumblatt serait un de ses adversaires réguliers. Tous louent son humour, son caractère chaleureux, sa diplomatie et sa capacité d’écoute.
Président de la biosphère du Chouf
En 2003, Charles Noujaim devient président de la biosphère de la réserve naturelle du Chouf, qui recouvre 5% du territoire libanais. Un poste qu’il occupe, jusqu’à ce jour, avec fierté. « Grâce à lui, nous avons obtenu de nombreux partenariats avec l’étranger, notamment avec l’Italie, précise le directeur de la biosphère Nizar Hani. Ses nombreuses idées et sa motivation nous ont permis de nous développer et de devenir la plus grande réserve du Liban. »
Ce samedi 12 novembre, c’est donc pour son rôle capital dans la région que Charles Noujaim est honoré. Parce qu’il trouvait toujours une solution à tout, ceux qui le connaissaient bien avaient l’habitude de se dire entre eux, lorsqu’un problème semblait insurmontable: « Ne t’inquiète pas, monsieur Charles va s’en occuper. » Aujourd’hui, ce héros de l’ombre du Chouf n’a rien à faire, si ce n’est apprécier cette journée d’hommage. Comme si tous voulaient désormais lui dire: « Ne t’inquiète pas Charles, nous nous occupons de tout. »
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