Assassinat de Dulcie September en 1988 à Paris: l'affaire en délibéré au 14 décembre – RFI

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La vérité sera-t-elle un jour connue ? Il y a 34 ans, Dulcie September, qui était la représentante de l’ANC de Nelson Mandela en France, était assassinée au cœur de Paris. L’enquête menée à l’époque n’ayant rien donné, l’affaire a été classée sans suite dès 1992. Le collectif des amis de Dulcie September, appuyé par des avocats, se bat depuis 2019 pour la réouverture du dossier. Une audience se tenait ce mercredi 16 novembre au tribunal de Paris.
Avec notre envoyé spécial au tribunal, Guillaume Thibault 
Le 29 mars 1988, Dulcie September, représentante en France du Congrès national africain, l’ANC de Nelson Mandela, futur président alors en prison, était assassinée à Paris.
Dans la salle 314 du tribunal, 34 ans après les faits dans la même capitale française, le dossier a été réglé en moins d’une heure, ce mercredi après-midi.
L’avocat de la famille de Dulcie September – notamment ses neveux puisqu’elle n’a pas eu d’enfant – a obtenu vingt minutes pour défendre ses arguments et interpeller la présidente de la première chambre.
« C’est une héroïne, elle représentait la justice et la liberté », a-t-il dit au sujet de la victime, en ouverture de sa plaidoirie, jouant sur l’émotion, et sur le droit.
De sa voix chevrotante, il a lancé : « La honte marquera pour toujours ce dossier s’il est enseveli dans un déni de justice. »
Les avocats français qui suivent ce dossier se sont appuyés sur un élément précis du droit international pour obtenir cette audience au tribunal : le droit d’apartheid, reconnu par l’État français, mais pas à l’époque des faits. Concrètement, les crimes commis sous le régime sud-africain de l’époque sont imprescriptibles, en France.
Propos martelé à la sortie de l’audience : la France a une responsabilité pour que la justice soit rendue, grâce à une relance de l’enquête.
Il faut que les autorités judiciaires françaises en tiennent compte, pour une fois ; qu’ils fassent face à cette élimination physique, à ce crime d’apartheid.
Justice a-t-elle été rendue ? Pourquoi l’État refuse-t-il de parler à la famille ? Depuis cet assassinat, nous avons eu le droit à 34 ans de déni de justice.
Objectif de Me Laurin : faire reconnaître que l’État a failli, qu’il garde des éléments au secret, notamment en ne prenant pas en compte que l’assassinat de Dulcie September est crime d’apartheid, et que, partant de là, rien n’empêche de reprendre l’enquête.
Pour les proches de Dulcie September, il y a eu, en effet, déni de justice : l’enquête, à l’époque, n’aurait pas été poussée, avant de se clôturer sur un non-lieu, quatre ans après.
Les avocats mettent par ailleurs en avant les archives de la militante, qui enquêtait à l’époque sur des contrats d’armement entre la France et l’Afrique du Sud.
►À relire : Afrique du Sud : la France aurait vendu des armes au régime de l’apartheid
Dans la foulée, c’est l’agent judiciaire de l’État qui s’est exprimé. Très brièvement, moins de cinq minutes. Il a rappelé que tout le processus juridique avait été respecté entre 1988 et 1992, que la famille n’a déposé aucun recours suite au non-lieu en 1992, que le crime d’apartheid existe bien dans le doit français, mais qu’il a été acté en 2013 et qu’il n’existe pas de rétroactivité.
Dans la même ligne, le procureur, qui dit « entendre la douleur de la famille », a rappelé les règles de droit, et s’est étonné, lui également, qu’il n’y ait pas eu de recours de la famille en 1992, suite au non-lieu.
Un argumentaire technique et juridique qui a frustré la famille et les amis de Dulcie September présents à l’audience. Pour Me Laurin, « la honte marquera pour toujours ce dossier s’il est enseveli dans un déni de justice ».
Rodolphe Arendse, beau-frère de Dulcie September, confie : « Moi, je suis choqué et frustré en même temps, parce qu’elle est morte pour quelque chose. Ici en France, il y a des réponses encore à donner à la famille. »
La présidente Belin a mis l’affaire en délibéré au 14 décembre. Les amis de Dulcie September ont déjà indiqué : « Peu importe le résultat, le combat pour la vérité va continuer. »
Le dossier Dulcie September avait été évoqué par les autorités lors de la visite du président Emmanuel Macron en Afrique du Sud, en mai 2021.
►À relire : Assassinat de Dulcie September à Paris : les proches demandent la réouverture de l’enquête
Jacqueline Derens est membre du collectif des amis de Dulcie September. Sa réaction à la sortie de l’audience :
On en reste toujours au même clivage, si je puis dire. D’un côté, il y a meurtre et on veut savoir la vérité sur une femme qui a été assassinée alors qu’elle assumait son travail. Et de l’autre, on a, on nous oppose, le droit, le droit, le droit. On a vraiment l’impression que l’État ne veut rien entendre de ce crime. Ça reste complètement figé. Alors, après, on peut bien sûr extrapoler, en disant : le secret est-il tellement lourd que l’on ne veut absolument pas donner d’explication à ce meurtre ?
Jacquelin Derens, membre du collectif des amis de Dulcie September

À lire aussi Afrique du Sud: un film sur le meurtre de l’anti-apartheid Dulcie September veut relancer l’enquête
 
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